Longtemps la philosophie, la religion ou la politique ont permis à l’homme d’effectuer des modifications sur lui-même. Mais le XXe siècle a vu apparaître une nouvelle façon de transformer l’homme : une façon technique. Parmi les techniques qui ont ainsi été développées, les psychotropes occupent une place prépondérante. Et parmi les psychotropes, les amphétamines occupent elles-mêmes une position centrale : premier psychotrope de synthèse, leur histoire a, très tôt, soulevé toutes les questions inhérentes à l’usage d’instruments de modification de soi-même.
Les technologies du vivant apparaissent aujourd’hui comme un domaine sans autres limites que celles posées par la nature des choses et par l’ingéniosité des hommes. Ces limites, ces contraintes sont cellesrencontrées lorsque les scientifiques cherchent à réaliser le possible ou l’imaginable.
Un homme parle à son clone. Il le tutoie. Il est si proche de lui, il le connaît si parfaitement bien qu’il peut imaginer ses pensées dans le détail. C’est comme s’il se parlait à lui-même, mais plus jeune. Comme s’il tutoyait son passé. De quoi parlent-ils ? De la passion, de la passion amoureuse.
Qu’est-ce qu’un modèle ? Que signifie « modéliser un problème » ? Et, en premier lieu, ces expressions ont-elles le même sens dans tous les domaines dans lesquels on les trouve employées ? Ont-elles le même sens en logique qu’en physique ? En biologie que dans les sciences de l’ingénieur ? En climatologie qu’en économie ? Dans les sciences de l’environnement que dans les sciences politiques ?
La découverte de la structure en double hélice de l’ADN par James Watson et Francis Crick en 1953 est l’acte fondateur de la biologie moléculaire. L’examen détaillé de cette découverte montre que les scientifiques se guident moins sur des concepts ou des méthodes que sur des sentiments.
Cette double présentation de la vie et de l’œuvre de Gaston Bachelard (1884-1962) souhaite contribuer à la (re)lecture d’une pensée plus secrète et plus complexe que ne le laissent croire certaines interprétations stéréotypées. Nul n’est prophète en son pays, et les études bachelardiennes semblent aujourd’hui plus florissantes en Amérique latine ou en Extrême-Orient que dans l’espace culturel français. Ce paradoxe ne doit-il pas nous inciter à de nouvelles approches, face à une écriture philosophique qui est aussi, et peut-être surtout, un enchantement ?
L’œuvre de Gaston Bachelard (1884-1962) occupe dans le paysage de la philosophie française une place singulière. Elle est à la fois marginale et centrale.Marginale parce qu’en dépit de son insistance sur certains thèmes (dynamisme psychique, imagination… ), elle n’a jamais produit un noyau de doctrine qui puisse servir à l’identifier de manière univoque.

