Le rayonnement intellectuel d’une grande œuvre, surtout philosophique, se mesure difficilement, l’inflation des commentaires pouvant n’être qu’effet de mode. La pensée de Gaston Bachelard connaît quant à elle une destinée paradoxale parce qu’elle ne relève d’aucun de ces cas de figure.
Cette double présentation de la vie et de l’œuvre de Gaston Bachelard (1884-1962) souhaite contribuer à la (re)lecture d’une pensée plus secrète et plus complexe que ne le laissent croire certaines interprétations stéréotypées. Nul n’est prophète en son pays, et les études bachelardiennes semblent aujourd’hui plus florissantes en Amérique latine ou en Extrême-Orient que dans l’espace culturel français. Ce paradoxe ne doit-il pas nous inciter à de nouvelles approches, face à une écriture philosophique qui est aussi, et peut-être surtout, un enchantement ?
L’œuvre de Gaston Bachelard (1884-1962) occupe dans le paysage de la philosophie française une place singulière. Elle est à la fois marginale et centrale.Marginale parce qu’en dépit de son insistance sur certains thèmes (dynamisme psychique, imagination… ), elle n’a jamais produit un noyau de doctrine qui puisse servir à l’identifier de manière univoque.
Ouvrages de Gaston Bachelard (chronologie, seules les premières et dernières éditions sont mentionnées) :
Étude sur l’évolution d’un problème de physique : la propagation thermique dans les solides [1927, thèse pour le doctorat présentée devant la Faculté des Lettres de l'Université de Paris], Paris, Vrin, 1973.

