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Après une thèse de sciences, réalisée à l’Institut Pasteur, dans le laboratoire de François Jacob et consacrée à la mise au point d’un vecteur rétroviral chez la souris, Pascal Nouvel entreprend une thèse de philosophie consacrée au rôle de l’imagination dans la création scientifique sous la direction de Jean Gayon.

Après cette seconde thèse, il est nommé sur un poste de Maître de Conférences en philosophie des sciences à l’université Paris-Diderot (Paris 7) qu’il occupera pendant six années avant d’être nommé Professeur de philosophie à l’université Paul Valéry de Montpellier où il enseigne actuellement.

Il s’intéresse principalement à l’évolution des sciences du vivant (biologie et médecine) et aux implications philosophiques, éthiques, sociales et politiques de cette évolution. Après avoir publié plusieurs livres et articles sur l’œuvre de Gaston Bachelard, il a publié un important travail sur la psychologie scientifique dans un livre intitulé L’art d’aimer la science.

En 2001, il est nommé Directeur de programme au Collège International de Philosophie où il développera un projet de recherche portant sur « l’épistémologie des affects ». Ainsi, porté par une réflexion sur l’œuvre de Bachelard, ses travaux s’orientent de plus en plus nettement vers le rôle des affects, des émotions et des passions dans la connaissance.

Cet intérêt est conduit tant à travers un examen des philosophies qui se sont particulièrement intéressés aux affects (les Stoïciens, Spinoza, Hume, Schopenhauer, Nietzsche) qu’à travers une approche plus personnelle développée dans un essai sur la passion amoureuse : Conversation avec mon clone sur la passion amoureuse. Par ailleurs, il engage un examen approfondi de l’évolution des sciences de l’émotion (les travaux d’Antonio Damasio, de Joseph Le Doux et Edmund Rolls, Peter Goldie et Dylan Evans).

Cet ensemble de réflexions va le conduire à poser le problème des moyens d’action dont nous disposons pour agir sur les émotions et à distinguer deux grands types d’actions : celles qui se fondent sur l’efficacité de la parole ou de la méditation (traditionnelles en philosophie) et celles qui se fondent sur un moyen technique (le plus souvent une molécule chimique).

De là est né un intérêt pour les substances chimiques qui ont la propriété d’altérer ou de modifier la vie affective et émotive et, d’une façon générale, aux substances psychotropes. Cet intérêt s’est plus particulièrement exprimé dans l’étude d’une substance particulière, le premier psychotrope de synthèse : les amphétamines et leur histoire (naturelle et sociale). C’est l’objet de son dernier livre, paru aux PUF en janvier 2009 sous le titre Histoire des amphétamines.